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LES COMMUNAUTES JUIVES

D'AVIGNON ET DU COMTAT VENAISSIN

AU XVIIIème SIECLE

  "LES JUIFS DU PAPE"

Jean-Claude COHEN

INTRODUCTION

Ce document est l'hommage modeste que je veux rendre à ceux qui ont vécu dans les Carrières, mes ancêtres, dont "je porte" le nom et la culture. D'autres ayant, mieux que je n'aurais su le faire, raconté leur histoire, je leur ai élevé le Monument aux Morts qu'ils n'ont jamais eu. J'en ai nommé beaucoup, j'aurais voulu les nommer tous.

 J'ai replacé chacun avec les siens, j'ai reconstitué les familles et, pour tenter de donner un souffle de vie, j'ai rapporté le moindre détail, une anecdote, un jugement, un état de service, une précision.

 

La période étudiée s'étend de 1680 à 1808. Avant 1680, les documents sont trop fragmentaires, ou difficilement exploitables, pour constituer un ensemble cohérent. Après 1808, date du fameux décret de Bayonne, la dispersion sur l'ensemble du territoire français, principalement, ne permet plus la mise en forme d'un état récapitulatif. J'ai cependant conservé les éléments généalogiques rencontrés extérieurs à cette période afin de ne pas priver de l'information le lecteur intéressé.

 J'ai mené mes recherches d'abord dans le Comtat Venaissin (Carpentras, Cavaillon, l'Isle sur la Sorgue), et à Avignon, puis dans le Languedoc ( Nîmes, Montpellier, ...) et en Provence ( Aix, Marseille, Salon, ...) premiers lieux d'exode des populations vauclusiennes.

 

  Je voudrais faire part au lecteur d'un certain nombre de réflexions que m'a apporté cette étude.

  Tout d'abord l'origine des identités. "Au commencement", vraisemblablement au début du Moyen-Age, chacun était identifié par ce que nous appelons, aujourd'hui, un prénom d'origine biblique. Pour départager deux porteurs de prénom identique, on complétait par le prénom de son père, "Pierre fils de Paul". Mais, même au sein d'un village, entité quasi permanente la plus rencontrée à cette époque, des homonymies subsistaient. On avait donc recours à une particularisation supplémentaire, "Pierre, fils de Paul, qui habite près du pont", "Charles fils de Jean, le boiteux"... Il s'agissait d'une précision (nom de lieu, sobriquet, particularité physique...) qui devint un surnom, puis le patronyme, Pierre Dupont, Jean Boiteux. Tel est, très simplifiée, la genèse de notre identité, qui se formalisera, peu à peu, notamment à travers les registres religieux, puis formellement, et définitivement, lors de la création de l'état civil.

  A ce processus doit être ajouté le fait que, jusqu'à la Révolution, l'orthographe n'était pas fixée, mais au bon vouloir du rédacteur occasionnel, religieux, notaire, magistrat. Une même souche finira par aboutir, par ce seul fait, à plusieurs patronymes.

  Nous pouvons ainsi comprendre l'évolution qui s'est produite, dans ce domaine, au sein des Carrières. J'imagine que nos Judeo-Comtadins ont, eux aussi commencé par s'appeler "Daniel, fils de David", puis ont eu besoin de précision le jour où plusieurs ont répondu à ces seuls critères. Ainsi ont-ils utilisé ce qui deviendra leur patronyme.

  La première famille de patronymes est d'ordre géographique: l'usage, sans doute avec un parfum de nostalgie, des villes dont ils se pensaient issus. Ils se désignaient "Mardochée de Lunel", "Samuel de Bédarrides", de Monteux, de Milhaud, de Beaucaire, de Cavaillon, etc. Afin d'alléger notre texte nous avons éluder le "de" et avons écrit " Mardochée Lunel", " Samuel Bédarrides".

 On trouve, ensuite, des noms à consonance religieuse, Cohen, Vidal (Haïm), Lion. Pour ce dernier on assiste d'ailleurs à une curieuse dérive; alors que ce patronyme a une authentique origine biblique, soit par lacune orthographique, soit par assimilation à d'autres origines géographiques, l'orthographe la plus répandue sera "Lyon", que je me suis moi-même vu contraint d'adopter.

  Un troisième groupe a des origines plus difficiles à cerner. Il s'agit de "Naquet", sans doute issu d'un métier ou d'un sobriquet. Il s'agit, également de Crémieux, dont l'origine mystérieuse est aux Comtadins ce que le Masque de Fer est aux historiens. On ne trouve jamais la mention "de Crémieux" contrairement à ce qui est utilisé pour tous les noms de ville, ce qui nous laisse à penser que les Crémieux ne sont pas plus de Crémieux que les Lion de Lyon ou les Cahen...de Caen. De plus, si, au dix-huitième siècle, on rencontre beaucoup de Crémieux à Carpentras, on ne rencontre, à Cavaillon, que des Crémy, Crémuy ou des Carmi. Et ce sont bien les mêmes qui, nés Crémieux à Carpentras, vont se marier Crémy à Cavaillon. Il y a vraisemblablement là une origine Hébraïque ("le jardinier" ?).

  A ces incertitudes des origines, s'ajoutent les particularités orthographiques ou coutumières. Ainsi trouve-t-on diverses formes de Millaud, Milliaud, Milhaud, toutes désignant le même selon le rédacteur, et qui aboutiront à des patronymes voisins en 1808, souvent proches cousins. Ainsi, le même naissait Montélis ou Montély à Cavaillon, vivait Monteux ou Montel à Carpentras et se mariait Monteaux à Avignon. Ou encore, de par son origine géographique, on s'appelait Saint-Paul, patronyme à consonance on ne peut plus chrétienne, qu'on faisait évoluer en Sampal, voire en Paul. On dira, indifféremment, Delpuget ou Puget, Deroque ou Laroque.

 

J'ai donc été dans l'obligation de faire des choix, et par exemple de retenir, Baze, Millaud ou Mayrargues, plutôt que Basle, Milhaud ou Mirargue. Il en est ainsi pour les prénoms, la même, au fil du temps sera Hana, Ana ou Anna, sans compter les diminutifs. On trouvera une récapitulation des noms et des prénoms.

 

  Tout au long du XVIIIème siècle, les trois Communautés du Comtat sont restées très proches, mariages fréquents, rabbins communs, échanges commerciaux. A chaque Communauté correspondent des spécificités patronymiques. L'Isle est la ville des Abram, des Beaucaire et des Millaud, un tiers des habitants de la Carrière de Cavaillon sont des Bédarrides, Crémieux est un patronyme plus spécifique à Carpentras.

  Avignon apparaît "fort éloigné". On y rencontre des patronymes totalement inconnus dans le Comtat, Petit, Saint-Paul, Rouget, Sassias, Pichaud; les Delpuget y sont nombreux. Avignon semble avoir été plus perméable à une certaine immigration.

 Il y a des fortunes à l'Isle, Cavaillon est pauvre, la Carrière de Carpentras est couverte de dettes.

 Le lecteur trouvera une liste des patronymes et des prénoms rencontrés. Pour ces derniers on appréciera la part biblique et la part régionale.

 Aux patronymes et aux prénoms se sont parfois ajoutés, à nouveau, des surnoms. La quasi totalité d'entre eux était liée à un individu et n'a pas subsisté à la création de l'état civil. Une exception notable: Muscat. Chez les Millaud de l'Isle, l'aîné à chaque génération, portait ce surnom. Celui qui le portait en 1808 en a fait le patronyme de deux de ses fils. Ces descendants Muscat, dont une branche devint niçoise, sont d'authentiques Millaud.

 

 

LES SOURCES

 

Les principales sources que nous avons utilisées sont les suivantes:

 

            - les registres des Carrières qui couvrent la période allant de 1763 à 1793 pour les communautés d'Avignon, de Carpentras, de Cavaillon et de l'Isle sur la Sorgue. On y trouve, pour une grande partie, les naissances, les circoncisions, les mariages et les décès; une grande partie car, à l'évidence, ils sont incomplets sur la période qu'ils sont censés couvrir. Au delà de 1793, ce sont les registres municipaux que nous avons utilisés.

  Les registres des Carrières sont consultables soit dans les archives municipales des quatre villes concernées, soit aux archives départementales du Vaucluse. Chaque acte est rédigé en français et en hébreux. Afin de faciliter l'accès aux généalogistes, la rédaction a été établie en français actuel facilement consultable.

  Ainsi, la notation "David Crémieux Cp 10.2.1769-Is 8.6.1789" signifie que l'on trouvera acte de sa naissance et de sa circoncision dans le registre des naissances de la communauté de Carpentras, et acte de son décès dans le registre des décès de la communauté de l'Isle,

 

            - la thèse de Jacqueline Ann Kohnstamm, réalisée en 1981, "Family structure and behaviour and guetto life in the jewish community of l'Isle-sur-Sorgue 1680-1760",

 

            - "Délibérations de la Commission de répartition des dettes de l'ancienne communauté de Carpentras 1816 à 1819" archivé à la Columbia University de New-York,

 

            - les informations ou généalogies que nous ont fournies: Elie Nicolas, Fabrice Nathan, Marie-Louise Tapiero-Monteux, Jacques Chenais, Jocelyne Chatain-Monteux, Laurette Lunel, Albert Bouet-Crémieux, Georges Graner, Jean-Claude Milhaud, Jean-Pierre Netter, Noémie Cohen, Jean-Claude Herelle-Carcassonne, Didier Hirsch, Maurice Caillet,

 

            - en les remerciant pour la qualité de leur accueil, les archivistes de Carpentras, Cavaillon, l'Isle sur la Sorgue, Avignon, Nîmes, Marseille, l'Ecole polytechnique, l'Alliance israélite universelle, le château de Vincennes,

 

            - "Les Juifs du pape en France" par René Moulinas, "Juifs du Languedoc, de la Provence et des Etats français du pape" par Armand Lunel, "Histoire des Juifs d'Avignon et du Comtat Venaissin" par Armand Mossé, "Les Juifs du pape à Nîmes et la Révolution" par Lucien Simon et Anne-Marie Duport, "Histoire du Comtat Venaissin" par Henri Dubled, "Le pavillon des fantômes" par Gabriel Astruc, "Cavaillon pages d'histoire" par Guy Jau, "Les Juifs du Midi" par Daniele et Carol Iancu, "Onomastique juive du Comtat Venaissin" de Simon Seror,"Histoire d'un généalogiste Judéo-Comtadin" de Michel Mayer-Crémieux, "Ode hébraïque de Joseph Meyrargues au pape Clément XIV" par Gérard Nahon,

 

            - "Archives Israélites", "Archives Juives", "Revue d'Etudes Juives", "l'Echo des Carrières", "Cercle de Généalogie Juive".

 

 

QUELQUES NOTIONS D'HISTOIRE

 

 

Vers les années 70 de notre ère, après la destruction de Jérusalem, la tradition rapporte que les familles les plus considérables de la maison de David et de la Tribu de Juda auraient été exilées dans la Gaule méridionale et la péninsule ibérique (A.Lunel).  Ces populations sont donc installées sur ce qui sera le territoire national depuis prés de vingt siècles, constituant un judaïsme authentiquement français.

 Pendant environ trois siècles, à la différence du contenu des Epîtres de Saint-Paul, la différence entre Juifs et Chrétiens n'est pas encore tranchée, les Chrétiens n'étant considérés que comme une des nombreuses sectes juives. Ces immigrants seront, d'ailleurs, vraisemblablement, le creuset du christianisme en Gaule méridionale et, comme le faisait remarquer Renan, leurs descendants seront en droit d'affirmer "nos ancêtres, les Gaulois".

 La première référence à une communauté juive se situe en 449 à Arles, où elle participe aux obsèques de l'évêque saint Hilaire (A.Lunel) en chantant des Psaumes en hébreux.

 A partir des années 500, l'Eglise s'étant suffisamment structurée, le judaïsme et le catholicisme  sont, définitivement, des religions différentes, inconciliable.

 

 Les pays de langue d'oc ont toujours eu une tradition de tolérance. L'exercice des cultes est libre. De l'an 1000 à 1300, c'est un véritable "âge d'or". Narbonne, Lunel, Montpellier, sont des centres de commerce international mais aussi des hauts lieux intellectuels en rapport avec l'Espagne et l'Afrique du nord. Ici vont jaillir les premières grandes confrontations philosophiques, notamment sur les controverses entre la pensée judéo-chrétienne et les courants aristotéliciens. D'Averrhoes à Maimonide, les bases de la pensée moderne sont posées. Rabbins, prêtres, laïcs, s'affrontent en joutes intellectuelles telles que nous les retrouverons dans les cours de Comtes de Toulouse.

 

 Le concile de Latran, en 1215, pose les bases d'une législation anti-juive en imposant le port de la rouelle, ancêtre le l'étoile jaune.

 La position de l'Eglise est formalisée. Les origines judaïques du christianisme empêchent de considérer les juifs comme hérétiques. Ils sont, selon les propos de Saint Augustin, "le peuple témoin". Il faut leur imposer des obligations "afin de les sortir" de leur erreur et les amener au christianisme.

Ainsi, régulièrement, ajoutera-t-on, et ce jusqu'à la Révolution, de nouvelles contraintes (interdiction d'occuper des emplois publics, de soigner les Chrétiens, de posséder des terres, d'exercer certains métiers...)pour les limiter au "commerce" de l'usure et des vieux vêtements afin d'en faire l'image souhaitée du Juif.

 

 La situation, en Europe, va se radicaliser en l'espace d'un siècle: en 1394, par "l'Edit de Bannissement", les Juifs sont exclus du Royaume de France, il en est de même, en 1492 en Espagne, et, en 1496, au Portugal.

 La Provence reste une terre hospitalière. Pratiquement rien n'a altéré l'esprit de tolérance. Ne dit-on pas du Bon Roi René "nul souverain ne montra plus de mansuétude envers les Juifs, et nul n'en tira plus d'argent".

 Hélas, en 1481, le Comté de Provence, après le Languedoc, est rattaché au Royaume de France et soumis à ses lois. L'exil est inévitable. Il sera prononcé en 1500 et exécuté en 1501.

 Or, il se trouve qu'en 1274 le roi de France Philippe le Hardi, avait cédé, à l'Eglise, le Comtat Venaissin, cette partie de l'actuel département du Vaucluse, dont la capitale était Pernes, puis Carpentras.   En 1309, le pape Clément V s'installe à Avignon qui devient, à son tour, en 1348, propriété de la papauté. Ils le resteront jusqu'à la Révolution.

 L'Eglise, nous l'avons dit, ne pouvait interdire le judaïsme, la majorité des Juifs de Provence va  s'installer dans ces Etats français du Pape", "à l'ombre de la croix" et devenir les "Juifs du Pape".

 Ce n'est pas avec sympathie que les populations locales virent s'installer les nouveaux venus. Mais, un siècle durant, ils vécurent, à leur guise, dans les villes et les villages.

 En 1624, le Vice-Légat, qui dirigeait, au nom du pape, décida le regroupement des Juifs dans les "Carrières". En provençal, une carrière c'est une rue où peuvent passer des charrettes. Il y aura, en tout et pour tout, quatre Carrières, une dans chaque ville: Avignon, Carpentras, Cavaillon et l'Isle-sur-la-Sorgue, que leurs nouveaux habitants appelleront "les quatre Saintes Communautés". Chaque Carrière, qui ne mesure qu'une centaine de mètres, est fermée de portes à chaque extrémité. C'est le "ghetto". Les portes s'ouvrent le matin et se referment le soir. Mille cinq cents à deux mille personnes vont naître, se marier, élever leurs enfants et mourir dans ces lieux jusqu'à la Révolution.

 Essayons d'imaginer ce que pouvait être la vie quotidienne dans la Carrière. Ce qui frappe d'abord c'est le fourmillement, la foule qui se presse. Tant de gens sur si peu de place! Et puis l'odeur. Il n'y a aucun système d'évacuation des eaux et des ordures. La rue est recouverte de paille renouvelée chaque jour par un fermier chrétien, retenu, annuellement, par "appel d'offre" le fumier récolté ayant grande valeur.

 Les portes, gardées par des portiers chrétiens, logés et rémunérés par les Juifs, sont fermées le soir à 19 heures en hiver et 20 heures en été. Elles ne peuvent alors être ouvertes qu'en cas d'urgence, c'est à dire pour faire entrer une sage-femme.

 Le taux de natalité étant élevé et le nombre de maisons limité, il y a pénurie de logement. Le moindre recoin est habité, y compris les portails. Des étages sont régulièrement ajoutés, ce sont les quartiers les plus hauts des villes, visibles de fort loin. Les éboulements se produisent régulièrement. La promiscuité d'une population historiquement endogame multiplie les liens de parenté, mon grand-père, deux siècles après, disait encore, parlant d'un Juif du Pape, "un cousin".

 

 Et pourtant, dans ce monde clos, étroit, aux conditions de vie si difficiles, va se constituer une organisation difficilement imaginable. Autour de la synagogue, "l'Ecole", une théocratie va s'instaurer, véritable démocratie censitaire. Un conseil de notables préside aux destinées de la communauté, un système extrêmement élaboré gère l'instruction (dès le XVIIème siècle, tous les garçons sont scolarisés), l'aide sociale (les indigents sont pris en charge), la vie religieuse (les fêtes sont nombreuses et fastueuses), la collecte des impôts. La communauté emploie de nombreux salariés, dont les rabbins, à travers une véritable politique sociale.

 Les Carrières étant toujours au centre des villes, les relations avec le voisinage sont, en général, très mauvaises. Chaque sortie le la Carrière est une épreuve, les agressions, au moins verbales, des groupes de chenapans, sont permanentes. On ne sort qu'en groupes, notamment pour aller au puits.

 Il ne faudrait pas retenir de tout cela une seule idée de commisération. A l'oppression et l'humiliation s'opposait "la tiédeur enveloppante, rassurante, familière" de la Carrière. En cette époque d'extrême violence, le sort des Juifs du Pape était plus enviable que celui, par exemple des Protestants. On vivait "entre soi". Toutes les caractéristiques de la Société se retrouvaient la longueur d'une rue. Mêmes les querelles, "ceux ou celles qui s'injurieront ou se querelleront près du puits" risqueront trois écus d'amende, on se fait un procès pour une place à la synagogue.

 

 Cependant, au cours du temps, la violence de ce qui s'appellera, après l'Affaire Dreyfus, l'antisémitisme, ne fait que croître. Régulièrement les autorités promulguent des législations de plus en plus contraignantes.

La Révolution mit "doublement" un terme à cette situation: le 28 janvier 1790 les Juifs avignonnais sont reconnus citoyens français avant même que, le 14 septembre 1791, Avignon et le Comtat Venaissin soient rattachés à la France le 14 septembre 1791. En quelques années les Carrières se vidèrent en un exode vers la Provence et le Languedoc. Les plus vieux, qui choisirent de finir leurs jours dans la maison de leur naissance, s'intégrèrent à la vie locale. Mon ancêtre Lange Cohen, nous le raconterons plus loin, devint maire de Cavaillon dès 1794.

 

 

REPERES CHRONOLOGIQUES


 

 

 

449. A Arles, la Communauté juive prend part aux obsèques de l'évêque St‑Hilaire et chante des psaumes en hébreux.

 

478. Code théodosien.

 

508. A Arles la Communauté juive contribue a la défense de la ville assiégée par le roi de Bourgogne, Gondebrand.

 

543. A Arles la Communauté juive prend part aux obsèques de l'évêque St‑Césaire.

 

1020. A Toulouse, première colaphisation connue.

 

Août 1178. Frédéric 1ier, empereur des Romains, met les Juifs d'Avignon sous la protection de l'évêque de la ville, Pons.

 

1207. Excommunication de Raymond VI.

 

1215. Le Concile de Latran décide le port de la Rouelle pour les lépreux, les filles publiques et les juifs.

 

1220. Construction du Pont St‑Bénézet, "Le Pont d'Avignon". Ce serait un Juif qui, en 1177, aurait fait traverser le Rhône à Bénézet venant de son Vivarais natal et arrivant à Avignon. Le Pont sera construit a cet endroit et les Juifs seront obligés de participer aux dépenses de la construction.

 

1227. Concile de Narbonne

 

1236. Concile de Béziers

 

1247. Une rumeur de crime rituel à Valréas entraîne vers le bûcher la totalité de la petite Communauté.

 

27 janvier 1274. Philippe le Hardi, héritier du Comte de Toulouse, remet le Comtat‑Venaissin à l'Eglise romaine.

 

28 février 1276. "Fondation" de la Communauté de Carpentras

 

1299. Philippe Bel "porte défense" aux Juifs de faire des prosélytes, ordonne la répression de leur maléfices, les accuse de cacher des hérétiques.

 

22 juillet 1306. Première expulsion des Juifs de  France par Philippe le Bel. Ce fut "non seulement une mauvaise action, mais aussi une mauvaise affaire".

 

1306. Charles II, comte de Provence, garantit les droits des Juifs dans ses états, au XVème siècle. Un fonctionnaire porte le titre de "Conservateur des privilèges des Juifs".

 

1309. Clément V, redoutant le séjour en Italie, ou sévissaient les guerres civiles (Guelfes et Gibelins), s'établit à Avignon où ses successeurs restèrent jusqu'en 1386. Il y aura sept papes avignonnais, tous français; les Antipapes y revinrent jusqu'en 1403. Apres le départ des papes, le pouvoir est confié à un "Vice‑Légat".

 

1315. Louis X accepte le retour des Juifs a titre provisoire et onéreux.

 

1316. Ouverture du cimetière de la Pignotte a Avignon.

 

1320. Croisade des Pastoureaux. Le pape Jean X protège les Juifs. Massacres à Auch, Castelsarrazin, Albi, Toulouse, Verdun sur Garonne.

 

1322. Expulsion, sans effet, des Juifs du Comtat par Jean XXII.

 

1326. Le concile d'Avignon, sous Jean XXII,  rappelant le Concile de Latran, 1215, impose

la Rouelle aux Juifs de plus de quatorze ans et les "cornailles" (chapeau à cornes) aux Juives de plus de douze ans.

 

2 janvier 1344. "Refondation" de la Communauté de Carpentras

 

v.1345. Le pape Jean X réprime le prosélytisme des Juifs; expulse les Juifs de Bédarrides et détruit la synagogue.

 

1345‑1346. Pogroms à Orange.

 

1348. La Grande Peste. Clément VI défend les Juifs, accusés d'avoir provoqué le fléau (en empoisonnant les puits), et recueille, dans ses états ceux qui fuyaient les persécutions.

 

1348. La reine Jeanne de Provence vend Avignon à Clément V, pour 80 000 Florins.

 

1348. Massacre à la Juiverie de Toulon.

 

1353. Raymond des Baux garantit les droits des Juifs dans sa Principauté d'Orange.

 

1369. Le médecin de la reine Jeanne de Provence est Bendig Haim.

 

1370. Acquisition de l'actuel Cimetière de Carpentras, pour 38 florins d'or et 6 livres d'épice par an, le vendeur pouvant continuer d'y faire paître ses troupeaux. On y plante une vigne pour faire du vin casher, et l'argent de la production des vers à soie des mûriers servira a doter les jeunes filles pauvres. Il ne sera clôturé qu'en 1843.

 

17 sept. 1394. Edit de bannissement des juifs du Royaume de France, par Charles VI.

 

1415. Une Bulle de Benoît XIII n'autorise qu'une synagogue par ville, à condition de ne pas avoir servi d'église aux Chrétiens, s'efforce d'isoler les Juifs, les limite dans leurs "ghettos", leur impose trois sermons par an, où leurs erreurs seraient combattues (en payant les prédicateurs).

 

1428. Massacre à Manosque. Le meneur est condamné à mort. Libéré par la foule qui provoque de nouveaux massacres.

 

1453. La Carrière des Juifs de Cavaillon est fixée rue Fabricis, longue de 50 mètres. Lors d'un procès, leur avocat dit "qu'ils vivent, ici, en paix, depuis 140 ans".

 

1455. Le médecin du Roi René est Abraham Salomon

 

1456. Emeutes contre les Juifs à Cavaillon.

 

7 sept. 1457. Le Concile d'Avignon interdit aux Juifs l'exercice de la médecine et la vente de viande préparée selon leurs rites.

 

1458. Un règlement de police d'Avignon, interdit aux Juifs, "sans admettre d'excuse": les prêts d'argent sur les vases et objets sacres, le foulage et le lavage des draps, à moins d'employer les procédés des ouvriers chrétiens, le trafic des vêtements confectionnés avec du drap neuf mal lavé, la fabrication de jupons doubles de rognures de laine ou de bourre de coton; ce règlement maintenait l'ancienne loi qui leur défendait l'entrée des mauvais lieux sous peine d'avoir le pied coupé et de payer une amende de 25 Livres.

La Carrière sera fermée par une chaîne.

 

12 juin 1459. Affaire Martini à Carpentras: une émeute éclate contre les Juifs, fomentée par un notaire, Robert Martini. Plus de 60 Juifs furent tués. Les coupables furent tous graciés, à l'exception de Martini et de ses complices qui furent bannis.

 

25 août 1459. Interdiction aux Juifs d'être fermiers ou exacteur de taille.

 

1460. Demande du Conseil Municipal de l'expulsion des Juifs de Pernes.

 

21 juin 1461. La Municipalité de Carpentras passe une convention avec les Juifs déterminant qu'ils habiteront, exclusivement, dans deux rues perpendiculaires: la rue de la Muse et celle de la Galaffe. L'entrée en sera barrée par une chaîne.

 

1460. Massacre évitée à Mazan où les Juifs seront protégés, voire cachés par le seigneur, Honoré Astoaud.

 

1462. Désespérant de n'obtenir de réparations de l'Affaire Martini (1459), les Juifs se livrent à des voies de fait sur le vicaire de la Judicature de Carpentras.

 

1471‑1480. Règne du Bon Roi René. "Nul souverain ne montra plus de mansuétude envers les Juifs et nul n'en tira plus d'argent".

 

1475. Pogrom à Digne le Vendredi Saint.

 

1475. Interdiction de fermer les portes de la Carrière d'Avignon en temps de peste.

 

1479. A Malaucènes les Juifs, ayant d'abord voulu fuir et ayant été retenus de force, sont incorporés pour repousser l'attaque d'une bande de mercenaires conduits par Bernard de Guarlant.

 

1481. A la mort de Charles III, comte de Provence, selon son testament, la Provence est cédée au Roi de France.

 

1482. Louis XI confirme les privilèges des Juifs de Provence.

 

1484. Pogroms à Arles

 

juin 1484. Les municipalités du Comtat sont informés des mauvais traitements infligés aux Juifs d'Arles. Le Conseil de Carpentras décide d'établir une garde de 12 hommes, commandés par un capitaine, pour assurer la protection de la Juiverie.

 

1485. Emeutes contre les Juifs à Cavaillon, des Chrétiens pillent la Carrière.

 

mai 1485. Emeutes contre les Juifs à Avignon

 

sept. 1486. 60 Juifs s'embarquent pour la Sardaigne. Des "Comités spontanés" les empêchent de réaliser leurs avoirs

 

21 oct. 1486. A Carpentras, conformément à des ordres supérieurs, le Conseil Municipal ordonne aux Juifs d'abandonner aux Chrétiens la rue de la Galaffe, et de se contenter de la rue de la Muse, a condition d'établir aux extrémités deux portes fermant à clef; les maisons des Juifs ne devaient avoir aucune vue sur les rues des Chrétiens "parce que le fils de l'esclave ne doit pas être place au même rang que le fils de la femme libre".

 

1492. Les Juifs interdits à Arles.

 

31 mars 1492. Edit d'expulsion des Juifs du Royaume d'Espagne, par Isabelle la Catholique.

 

1496. Les Juifs interdits à Tarascon.

 

5 déc. 1496. Expulsion des Juifs du Portugal.

 

1498. Charles VIII expulse les Juifs de Provence

 

23 mai 1500. Louis XII confirme l'expulsion des Juifs de Provence.

 

1504. A Pernes, les Juifs sont enfermes dans la rue Catte, où il leur est permis d'édifier une synagogue, "pour les séparer des Chrétiens".

 

1505. Expulsion des Juifs d'Orange (Ordonnance de Courthezon).

 

21 déc. 1512. Lettres patentes de Louis XII aux "Nouveaux Chrétiens de Provence descendus de tige et vraie racine hébraïques".

 

1515. A Isle excès contre les Juifs. Le Légat gracie les coupables.

 

1525. Promulgation du Règlement de Clément VII.

 

1529. Le Conseil de ville d'Avignon décide qu'Emmanuel de Lattes, juif, physicien, enseignerait pendant un an aux honoraires de 3 écus par mois en temps de peste, ou bien 5 écus par mois, qu'il y ait peste ou non.

 

1533. Annulation du Règlement de 1525.

 

4 avril 1569. Les Juifs sont exclus par le pape de tous ses états, sauf Rome et Ancone. Le cardinal d'Armagnac, co‑légat d'Avignon, leur intime l'ordre de quitter le Comtat sous trois mois. L'Ecole est vendue. De nombreux actes de notaire attestent des ventes de maisons, étables, granges. Une partie des familles émigrent vers l'Empire Ottoman et le Piémont.

 

24 juillet 1569. Cinq familles d'Isle et cinq de Carpentras demandent des passeports pour le Levant.

 

ler août 1569. Demande de passeports d'une famille de Carpentras pour embarquer a Marseille.

 

1569‑1570. Nombreuses ventes de biens juifs, notamment à Pernes et à Valréas.

 

2 août 1570. Les élus du Comtat, réunis à Carpentras, demandent le départ effectif des Juifs.

 

3 août 1570. Ordonnance du Légat confirmant l'expulsion des Juifs.

 

23 sept.1573. Supplique des Juifs d'Avignon, soutenus par les consuls, pour leur maintien .

 

 1603. Le Vendredi Saint, les Juifs de Carpentras auraient traîné la Croix dans la boue et crucifié un agneau, d'autres disent un mannequin de paille. Ils furent condamnés et une inscription fut placée dans la cathédrale.

 

1619. Mgr Bardi, évêque de Carpentras, déclare que les principes d'assistance chrétienne s'appliquent aux Juifs, pour Justifier les interventions de médecins et de sages-femmes dans les Carrières, les Juifs n'ayant pas accès à ces professions. Confirmation en 1725.

 

1624. Regroupement des Juifs dans les quatre Carrières.

 

1628‑1646. Epidémie de peste. Les femmes et les enfants peuvent partir dans les environs, puis les hommes, pour qu'elles ne soient pas seules.

 

1634. Obligation de résider dans les Carrières à Avignon, Carpentras, Cavaillon et Isle.

 

1er juil 1652. Le Vice‑Légat impose la séparation absolue des habitations juives et chrétiennes (des Chrétiens habitaient les Carrières).

 

1653. Interdiction, aux Juifs, sous peine de fouet, de passer la nuit hors des Carrières, sauf autorisation.

 

1657. Autorisation de séjourner trois jours par mois dans les villes et villages du Comtat, mais interdiction de sortir des Carrières, sous peine de mille Francs d'amende, le Sabbat, les fêtes juives, la Noël, la Semaine sainte, la Pentecôte, la Fête Dieu.

 

1660. Louis XIV s'empare d'Orange. Les habitants obtiennent le retour des Juifs.

 

1666. La Communauté de Bédarrides est condamnée pour avoir enterré, dans son cimetière, un Juif d'Orange.

 

1687. Expulsion des Juifs d'Orange, à la suite de la Révocation de l'Edit de Nantes (1685).

 

1699. Les Juifs de Carpentras, menacés d'expulsion, émigrèrent en grand nombre, après avoir, conformément aux statuts, payés jusqu'au dernier sou leur part des impôts et dettes de la Communauté. L'édit d'expulsion ne fut pas publié. Une partie de ces exilés alla en Turquie, en Palestine, d'autres en Provence.

 

20 oct.1704. L'Inquisiteur Général d'Avignon, le père Lacrampe, définit un règlement qui est, sans doute, une des premières législations antijuives formelles.

 

1707. A Carpentras, le jour de la Fête Dieu, au passage de la procession, un égout de la Carrière  déborde. Incident. Avertissement.

 

1709. Grave disette. On attribue une livre de blé par jour, une demie pour les Juifs.

 

1710. Achat, à Avignon, d'un jardin, près des remparts, paroisse St-Symphorien, pour en faire un cimetière, supprimé en 1791, comme les autres cimetières de paroisse.

 

1712. Comme en 1707, même incident lors de la procession de la Fête Dieu: 4 écus d'amende à la Communauté.

 

1720. Les trois familles juives restées à Orange tenues de porter le chapeau jaune et de ne paraître autrement en public "sous peine de se voir racler la barbe".

 

1721. Terrible épidémie de peste. A Avignon, le 23 octobre 1721, malgré les interdictions, Mardochée Delpuget acheta des hardes contaminées qu'il introduisit dans la Carrière. Il mourut le 24 octobre, sa femme Johana le 26. Il y eut 71 victimes inhumées dans une terre près de Faret, le long du Rhône, le tiers avait été baptisé. Les Dominicains qui desservaient l'hôpital attachaient plus d'importance au salut des âmes qu'à la guérison du corps; d'ou le grand nombre de conversions. Le rabbin n'obtint même pas l'autorisation d'aller assister les mourants.

 

1721. Epidémie de peste.

 

1732. Nouvel arrêt d'expulsion des Juifs d'Orange.

 

1738. "Accueil du rabbin Abraham Gediliya, émissaire de la Communauté d'Hébron". Sa visite coïncida avec le tremblement de terre du 18 octobre 1738 (A.J.XVIII).

 

1741. Début de l'édification de l'actuelle synagogue de Carpentras.

 

1753. Confiscation de livres hébreux a Carpentras, ordonnée par la Sainte Congrégation de Rome.

 

1754. Dans la nuit du 5 au 6 août, Mgr. D'Inguimbert fait saisir 1406 ouvrages chez 110 chefs de familles de la Carrière de Carpentras, en vue d'examiner s'ils peuvent leur être rendus, ou s'il convient de les saisir comme contraires aux prescriptions du Saint-Office.

 

27 mai 1763. Ouverture des Registres des Carrières sur ordonnance du Frère Jean Baptiste Mabil.

 

20 juin 1768. "Par ordre des Consuls, les individus suivants sont frappés d'une amende de quatre ducats d'or: Isaac de Digne, Isaac Mossé, Samuel Cerf, Benjamin Alphandery, Jassé Mayrargues, pour avoir gardé leurs chapeaux sur la tête alors que, à cause de la réunion temporaire avec la France, les armoiries de Notre Saint Père le Pape étaient transportées cérémonialement de la Porte de Mazan à l'Hôtel de Ville". (Livre de police de Carpentras).

 

1774. Edification de l'actuelle synagogue de Cavaillon. Sur la porte on pouvait lire "C'est ici la porte du Seigneur, les Justes peuvent y entrer".

 

1774. Ouverture d'une deuxième porte dans la Carrière de Cavaillon.

 

23 avril 1774. Retour d'Avignon et du Comtat dans le domaine pontifical. "Les Juifs dansèrent aujourd'hui une farandole dans les rues. Ils sortirent de leur Carrière (de Carpentras), tous attachés à leurs foulards, protégés par les sergents de leur Carrière et accompagnés par les crieurs de la ville. Et ils dansèrent la farandole à travers toutes les rues de Carpentras, se tenant l'un a l'autre par leurs foulards, et ce qui est si étonnant est qu'aucun chrétien ne les insulta. Le 2 mai, ils dansèrent encore. Dans la soirée, nous eûmes un feu d'artifice; la Carrière et la synagogue furent illuminées. "Journal du Chanoine Martin).

 

22 nov. 1777. Par 22 voix contre 1, les Juifs d'Avignon s'opposent à la création d'une seconde Carrière, souhaitée par les Juifs de Carpentras.

 

1787. "Edit de Tolérance aux non catholiques".

 

Avril 1788. Versailles précise les limites de l'Edit de Tolérance, non applicable aux juifs.

 

28 janvier 1790. "Lettres Patentes" du Roi reconnaissant citoyens français les Juifs Portugais, Espagnols et Avignonnais.

 

16 juin 1790. La municipalité d'Avignon demande son rattachement à la France.

 

14 sept. 1791. Avignon et le Comtat sont réunis a la France.

 

27 sept. 1791. Les Juifs d'Alsace et de Lorraine deviennent citoyens français.

 

20 sept. 1792. Etat‑civil laïc et obligatoire pour tous.

 

20 juillet 1808. Décret de Bayonne.

 

1828. Abolition du serment du Herem.

 

 

EVALUATION DE LA POPULATION DES CARRIERES

 

 

CARPENTRAS

 

1276                  64 familles              Accord de Fondation

 

1344                  12 familles             Accord de Refondation

 

1357                  67 familles             Subsides pour la construction ou l'entretien et fosses de                                 la

ville (21 décembre 1357)

 

1400                  42 familles             Taille pour la réparation de la Cathédrale

 

1522                  54 familles              Taille (6 juin 1522)

 

1527                 51 familles               Fouage (21 mars 1527)

 

1540 et 1546    68 familles            Cotisation pour l'imposition des farines et la subside

des Juifs

 

1555                 89 familles/496 habitants

 

1565                 74 familles              Capage après vendanges, pour réparation des fontaines

 

1570                 43 personnes         Cote des Juifs pour le paiement d'un vingtième sur le blé

 

1571                 57 personnes         Recensement complet après l'expulsion (2 septembre   1571)

 

1578                  43 familles            Vingtaine du blé

 

1580                  52 à 55 familles    Propriétaires de maisons. "Estimé des maisons de la Carrière"

 

1581                  41    familles         Recensement des personnes ayant des maisons

 

1589                 52   familles           Propriétaires de maisons: Taille de 45.000 écus a repartir sur la ville

 

1597                 52 familles/258 personnes

 

1600                 119 familles          Manifeste: "Livre sommaire et comptes particuliers de tous les biens et facultés des citoyens habitants de la cité de Carpentras dressé sur les livres des manifestes et du cadastre faits en l'année 1600", "Pour 1600, dénombrement des chefs de familles juifs de Carpentras, dressé dans l'Ecole, sur les dires de Salomon Crémieux, un des baylons".

 

1601                 63 familles             Capage

 

1601                 61 familles             Manifeste (3 septembre 1601)

 

1602‑1603       76 familles             Manifeste (janvier 1602‑8 juin 1603)

 

1605                 73   feux                  "Dénombrement de tous les chefs de maison de la cité

de Carpentras" (29 août 1605)

 

1627                 370 habitants

 

1629                 51 personnes           Recensement complet: "Rôle des Juifs qui sont à présent dans la Carrière des Juifs de Carpentras"(8 mai 1629)

 

1669                 83 familles             Manifeste (21 décembre 1669)

 

1679                 97 familles             Manifeste (jan‑fev 1679)

 

1693               450 personnes sur 5902 Chrétiens

 

1699                142 familles               Manifeste du 12 décembre 1699

 

1709                 605 personnes sur 6854 habitants    Dénombrement

 

1714                 127 familles              Taille

 

1714                 143 contribuables     Capitation

 

1715                 142 contribuables     Capitation

 

1717                 600 personnes          Document de l'Inquisition

 

1721                 132    familles,574 personnes pour 7477 habitants     Dénombrement

 

1742                 168 familles ou 752 personnes     Recensement complet certifié par le Rabbin          de  la Carrière, Israel Crémieux"

 

1754                 88 familles                "Instructions pour le censeur des livres juifs"(13 avril 1754)

 

1760                 1.000 a 1.200 personnes          Estimation

 

1769                 212 maisons, 818 personnes    Dénombrement "certifié exact par les baylons le 7 décembre 1769".

 

 

1780                 Il y avait 212 maisons et 818 habitants. Une seule maison comportait 9 habitants, 9 maisons 8 habitants, 9 maisons 7 habitants; voici les autres chiffres, selon A.J.XVIII:

                                     17 maisons de 6 habitants

                                     35                         5

                                     51                         4

                                     31                         3

                                     51                         2

                                       4                         1

 

1789                 222 feux ou 1.000 personnes environ             Recensement

 

1789                 52   familles "régulièrement assistées" sur 225, selon le Budget de la   Communauté

 

1789                 222 familles, 910 personnes, dont 172 familles, 724 habitants, toujours dans la Carrière   Dénombrement

 

1808                 36 personnes          Décret de Bayonne

 

AVIGNON

 

1566                 102 familles

 

1577                 77 familles

 

1617                 76 familles     "délibération du 19 janvier 1617 rassemblant 3 bailons, 9 conseillers et 64 chefs de famille"

 

1721                 65 familles,290 personnes                     Dénombrement

 

1741                 250 personnes                                      Recensement

 

1746                 67 familles,279 personnes                    Recensement

 

1759                 385 personnes

 

1777                 613 personnes sur 30284 habitants       Etude de la population pour les Fermiers Généraux

 

1781                 93 familles,340 personnes sur 28033 habitants        Recensement de novembre 1781

 

1789                 42 familles paient la taille sur 350 habitants             Budget de la Communauté (avril 1789)

 

1808                 119 personnes            Décret de Bayonne

 

ISLE

 

 

1270                  600 foyers pour la totalité de la ville ("Atlas Historique")

 

1765                  1300 foyers pour la totalité de la ville ( "ibid")

 

1682                  28 familles ("fonds Moureau")

 

1684                  28 familles ("ibid")

 

1697                  33 familles ("ibid")

 

1703                  27 familles ("ibid")

 

1736                  36 familles ("ibid")

 

1747                  35 familles ("ibid")

 

1747                  29 familles ("ibid")

 

1789                  63 familles                Recensement par les bailons de janvier 1789

 

1817                  73 familles                Pétition adressée au Préfet du Vaucluse

 

1808                  22 personnes             Décret de Bayonne

 

CAVAILLON

 

 

1657                 12  familles               Taille

 

1672                 11  familles               Taille

 

1680                 15  familles               Taille

 

1686                 12  familles               Taille

 

1697                 17  familles               Taille

 

1703                 20  familles               Taille

 

1774                 30    noms                 Supplique adressée au Vice‑Légat par les bailons pour  obtenir l'autorisation d'ouvrir une deuxième porte à l'autre extrémité de la rue

                      

 

1778                 28  cotisants               Rétribution du Rabbin Moise Polaque

 

1780                 20  cotisants               Rétribution du Rabbin Ange Jessi

 

1796                 17  foyers,93 habitants          Recensement

 

1808                 49  personnes             Décret de Bayonne

 


 

INDEX DES PATRONYMES

 

 


ABENCAGAR

ABRAM

ALEXANDRE Cf. Allemand

ALLEGRE Cf. Allemand

ALLEMAND

ASSER Cf. Allemand

ASTURGUTE Cf. Allemand

ALPHANDERY

AMIRAS

ANGLAIS

ASCALY

ASTRUC

AVIGDOR

BASLE Cf. Baze

BAZE

BAZLOU Cf. Baze

BEAUCAIRE

BEDARRIDES

BEZIERS

BORDEAUX

CANON

CARCASSONNE

CAVAILLON

CARMI, CARMY  Cf. Crémieux

CERF  Cf. Allemand

COHEN

CREMIEUX

CRESQUE

DELPUGET

DEROQUE  Cf. Laroque

DIGNE

ELIAS

ESPIR

ETRANGER Cf. Allemand

FARISOL

FERUSSOL

GARD

HUS

ITALIEN

JESSI

LAROQUE

LATTES

LEVY  Cf. Allemand

LISBONNE

LIVOURNE

LONDRES

LUBLIN

LUNEL

LYON

MACIP

MAIRS  Cf. Allemand

MAYRARGUES

MEEL

MILLAUD

MIRAHE

MOISE  Cf. Mossé

MONTEAUX  Cf. Montel

MONTEL

MONTELIS  Cf. Montel

MONTEUX  Cf. Montel

MOSSE

MUSCAT  Cf. Millaud

NACAMU

NAQUET

NATHAN

PEREYRE

PERPIGNAN

PETIT

PICHAUD

POLAQUE

PROPHA

PUGET  Cf. Delpuget

RAVEL

ROGIER  Cf. Rouget

ROQUEMARTINE

ROUGET

SADOCK

SAINT-PAUL

SALMAN

SAMPAL  Cf. Saint-Paul

SAMUEL

SASSIAS

SIGRA

TURIN

VALABREGUE

VENTURE

VIDAL


 

 

REPARTITION EN POURCENTAGE DES PRINCIPAUX PATRONYMES RENCONTRES AU XVIIIème SIECLE

 

 

ABRAM                  2.0                                      LISBONNE               2.2

ALPHANDERY      2.2                                      LUNEL                      1.8

ASTRUC                 1.9                                      MAYRARGUES        1.5

BAZE                      2.1                                      MILLAUD                 9.5

BEAUCAIRE          2.2                                      MONTEL                   9.1

BEDARRIDES       4.6                                      MOSSE                      5.3

CARCASSONNE   5.3                                      NAQUET                    2.6

CAVAILLON         3.7                                      ROQUEMARTINE   2.2

COHEN                  7.1                                      VALABREGUE         2.7

CREMIEUX          11.0                                     VIDAL                        2.5

DIGNE                    3.0

 

A eux cinq, Cohen, Crémieux, Millaud Montel et Mossé représentent près de la moitié de la population

 

INDEX DES PRENOMS

 


ABIGAIL.- prénom féminin. Femme citée dans la Bible. Veuve, elle épousa le roi David. "C'était une femme de bon sens et de belle figure".

ABIHAIL. prénom masculin. Père d'Esther, frère de Mardochée.

ABRAHAM, ABRAM.- prénom masculin. Patriarche hébreu.

ABRANET.- dim. d'Abraham

ABSALON.- prénom masculin. Fils de David.

AIM, AIN.- dim. d'Haim

ALAPTA.- prénom masculin. Rare. On le rencontre chez les Astruc.

ALISSA.- dim. d'Elie

ANANEL-. prénom masculin.

ANNA.- Cf. Hana

ARGENTON.- Cf. Myriam

ARON.- Frère de Moise. Premier grand prêtre.

ASTON.- Cf. Esther

ASTOURNIN.- Cf. Esther

AZARIEL.- prénom masculin.

BARUQ.- prénom masculin. Disciple de Jérémie. "Avez-vous lu Baruq?" (La Fontaine)

BAURETTE.- prénom féminin.

BELLE, BELLON, BELETTE.- prénom féminin. Très courant.

BENDIT, BENDY.- contraction de Bénédictus, dim. de Baruq.

BENESTRUC.- syn. de Gad. Prénom masculin. Très courant. En Provençal "né sous une bonne étoile" (bon astre).

BENGUDE.- prénom féminin. Très courant. Sans doute "Bien venue".

BENJAMIN.- prénom masculin. En hébreu "fils de ma droite". Douzième et dernier fils de Jacob et de Rachel qui est morte en lui donnant le jour. "Benjamin est un loup", d'où "Wolf".

BESSALE, BESSALEL.- prénom masculin.

BLANQUETTE.- prénom féminin.

BLONDE.- prénom féminin. Rare. Rencontré à Avignon.

BONAFE.- prénom masculin. Usage antérieur au XVIIIème siècle.  

BONEFILLE, BONAFIE, BONE.- prénom féminin. Très courant.

BONAFOUS.- prénom masculin. Usage antérieur au XVIIIème siècle.

BONIAC.- prénom masculin. Usage antérieur au XVIIIème siècle.

BRALAQUE.- prénom masculin. Rare.

CACAY, CAY.- dim. de Mardochée (Mardocay)

COLOMBE.- prénom féminin. Rare. Rencontré chez les Crémieux.

DANIEL.- prénom masculin. Prophète.

DAVID.- prénom masculin. "Bien Aimé". Deuxième roi des Israélites.

DAVIN.- prénom masculin. Rare.

DEBORA.- prénom féminin. "Abeille". Prophétesse et juge.

DERIE.- dim d'Azariel

DOUCE.- prénom féminin.

EDRAS.- prénom masculin. En général second (Benjamin Esdras).

ELEAZAR.- prénom masculin. "Dieu sauveur". Fils d'Aron.

ELICEE.- prénom masculin. Souvent confondu avec Elie.

ELIE.- prénom masculin. Prophète.

ELIEZER.- prénom masculin. Intendant d'Abraham qui ramena Rébécca.

ELISEE.- prénom masculin. Prophète. Confondu souvent avec Elie.

EMMANUEL.- prénom masculin. "Dieu avec nous". Ainsi Isaie désignait le messie.

EPHRAIM.- prénom masculin. "Fructification". Jacob en le bénissant lui donna l'avantage sur Manassé, son frère aîné.

ESTHER.- prénom féminin. Un des plus courants. "Myrte".

EVE.- prénom féminin.

FRANQUETTE.- prénom féminin.

GABRIEL.- prénom masculin. "L'homme de Dieu".

GAD .- prénom masculin, syn. de Bénestruc. "Bonheur". Fils de Jacob.

GANDINE, GAUDINE.- prénom féminin. Rare.

GEDEON.- prénom masculin. Juge.

GENTILLE.- prénom féminin. Très courant.

GIGIE, GIGONNE.- dim. de Régine

GRACIEUSE, GRASSY.- prénom féminin. Très courant.

HABAQUQ.- prénom masculin. Rare.

HAIM.- prénom masculin. "La vie". Utilisé en général en second (David Haim).

HAIRS.- Cf. Mayer

HANA.- prénom féminin. Très courant. Mère de Samuel.

HANANEL.- Cf. Ananel

HARON.- Cf. Aron

HASTER.- Cf. Esther

HELLE.- prénom féminin.

HEVE.- Cf. Eve

HEPHRAIM.- Cf. Ephraim

IOTTE.- dim de Léa

ISAAC.- prénom masculin. Très courant. Patriarche. "Qui fait rire".

ISAIE.- prénom masculin. "L'Eternel sauve". Prophète.

ISRAEL.- prénom masculin. Très courant. Surnom de Jacob. "Fort contre Dieu".

ISSERE.- Cf. Israel

JACASSUYA.- dim. de Josué

JACOB.- prénom masculin. Très courant. Patriarche.

JAQUIEL.- prénom masculin.

JASQUET.- prénom masculin.

JASSE.- dim. de Joseph

JASSUDA.- dim. de Juda

JASSUYADA.- dim. de Juda

JATALY.- prénom masculin.

JEDEDIA.- prénom masculin. "Bien aimé de l'Eternel". Surnom donné par Nathan à Salomon.

JEHOYADA.- prénom masculin. Grand prêtre qui fit exécuter Athalie.

JOCABET.- prénom féminin. Rare. Mère de Moise.

JOEL.- prénom masculin. Fils de Samuel.

JONAN.- prénom masculin.

JONAS.- prénom masculin. Prophète.

JONATHAN.- prénom masculin. Fils de Saul, ami de David.

JOSEPH.- prénom masculin. Fils de Jacob.

JOSIAS.- prénom masculin.

JOSUE.- prénom masculin. Successeur de Moise.

JUDA.- prénom masculin. Fils de Jacob. "Juda est un jeune lion".

JUDITH.- prénom féminin. Rare. Héroine juive.

LANGE .-syn. de Mardochée

LEA.- prénom féminin. Très courant. Epouse de Jacob.

LEAUNAU.- syn.de Léa

LELE.- dim d'Israel

LEONNE.- syn. de Léa

LIA.- syn.de Léa

LION.- syn. de Juda

LIOTIN.- dim. d'Elie

LIOTTE.- dim. de Léa

LIVA, LIVE.- prénom féminin.

MAIRS.- Cf. Mayer

MANASSE.- prénom masculin. Fils de Jacob.

MANOUR.- prénom masculin.

MANUEL.- syn. d'Emmanuel

MARDOCAY.- Cf. Mardochée

MARDOCHEE.- prénom masculin. Très courant. Oncle d'Esther.

MENAHEM.- prénom masculin. Très courant. "Qui console"

MEYRAN.- dim. de Myriam

MIAM dim. de Myriam

MICAEL, MICHEL.- prénom masculin. "Qui est comme Jéhovah".

MIEM, MIETTE.- dim. de Myriam

MOISE.- prénom masculin. Très courant.

MOQUE.- Cf. Moise. Usage antérieur au XVIIIème siècle.

MOSSE.- dim. de Moise. Usage antérieur au XVIIIème siècle.

MOUSSE.- Cf. Moise. Usage antérieur au XVIIIème siècle.

MYRIAM.- prénom féminin. Très répandu. Soeur de Moise.

NAHUM.- prénom masculin. Usage antérieur au XVIIIème siècle.

NAHUMA.- Cf. Noémie

NANAN.- dim. d'Abraham 

NANOUSE.- dim. d'Hana

NAOMY.- Cf. Noémie

NATHAN.- prénom masculin. Prophète.

NENE.- dim. de Régine

NEPHTALY.- prénom masculin. Fils de Jacob. "Nephtaly est une biche agile". D'où Cerf, Hirsh en allemand.

NERTE.- prénom féminin. Très courant. Nom vulgaire du myrte en Provence, analogie avec Hadassa qui est le second nom d'Esther.

NOEL.- dim. de Noé

NOMEE.- Cf. Noémie

NOEMIE.- prénom féminin. "Beauté". Belle-mère de Ruth.

NONNE.- dim. d'Hana ou de Gentille

NOURTY.- prénom masculin.

PESSIN.- dim de Précieuse

PINAS, PINEHAS.- prénom masculin. Petit-fils d'Aron, grand prêtre.

PORA, PORELLE.- dim. de Sipora

PRECIEUSE.- prénom féminin. Très courant.

RACHEL.- prénom féminin. Très courant. "Agneau". Epouse de Jacob.

RAPHAEL.- prénom masculin. "Dieu guérit". Un des principaux anges de la Bible.

REBECCA.- prénom féminin. Epouse d'Isaac.

REGINE.- syn. Rosine

REUCA.- syn. de Rébecca. Usage antérieur au XVIIIème siècle.

RIBQUA.- syn de Rébecca. Usage antérieur au XVIIIème siècle.

ROSE.- prénom féminin.

ROSINE.- syn. Régine

ROUSSE.- prénom féminin. Très courant.

RUBEN.- prénom masculin. "Voyez, un fils". Fils de Jacob.

RUTH.- prénom féminin. Rare. Epouse de Booz.

SABATAY.- prénom masculin. Rare. "Né le jour du Sabbat".

SALOMON.- prénom masculin. Très courant. Roi, fils de David.

SALON.- Cf. Salomon

SAMUEL.- prénom masculin. Très courant. Prophète.

SARA.- prénom féminin. Très courant. "Princesse". Epouse d'Abraham.

SARETTE, SARINE.- dim. de Sara. Utilisé à Avignon.

SAUL.- prénom masculin. Premier roi des Hébreux.

SAUVES.- prénom masculin. Usage antérieur au XVIIIème siècle.

SEMAC.- Cf. Samuel

SEME.- Cf. Samuel

SIMEON.- prénom masculin. "Entendre, exaucer".

SIPORA.- prénom féminin. Epouse de Moise.

TOBBI, TOBY.- prénom masculin. Héros biblique.

SUE.- prénom masculin. Usage antérieur au XVIIIème siècle.

TOTE.- dim de Régine

VITTE.- prénom masculin. Très rare.

VIVES.- prénom masculin. Usage antérieur au XVIIIème siècle.

ZABULON, ZEBULON.- prénom masculin. "Habitation". Fils de Jacob.



VOCABULAIRE SPECIFIQUE

 

ARBA KEHILOT.‑ Cf. "SAINTES‑COMMUNAUTES"

 

AUBAIN.‑ Celui qui vit hors de son pays d'origine, et qui, n'étant pas naturalisé, est soumis à un droit particulier appelé "droit d'aubaine". Il n'a pas, en général, les mêmes droits que les citoyens, qualifiés, sous l'Ancien Régime, "régnicoles".

 

BAILON.‑ Fonctionnaire de la Communauté ("des luminaires, des études, de l'aumône..").

 

CABUSSADOU.‑ de cabussa, "plonger" en provençal, du latin "caput", désigne le bain de la synagogue.

 

CAPAGE.‑ Taxe perçue "par tête".

 

CAPITAINE.‑ Capitaine de la Jeunesse, prince de l'amour, personnage folklorique charge d'organiser les fêtes.

 

CARRIERE.‑ Rue en provençal. Equivalent du ghetto où les Juifs devaient résider. Par extension, la Communauté.

C'est en 1624 que le pouvoir pontifical interdit aux Judéo‑Comtadins toute autre résidence, sur son territoire, que les quatre Carrières d'Avignon, de Carpentras, de Cavaillon et de l'Isle sur la Sorgue (Isle de Venisse, jusqu'au XIXème siècle).

 

CHANTRE.‑ Syn. Hazzan ou Hassan. En charge de réciter les offices à la synagogue.

 

COLAPHISATION.‑ du latin colaphus, soufflet. Cérémonie dans laquelle le Comte de Toulouse "colaphisait" un Juif, c'est à dire le giflait dans la Cathédrale, le jour de Pâques, en représailles du soufflet que Jésus avait reçu durant sa Passion.

Adhemar de Chabannais raconte que, l'an 1002, Aimeri, vicomte de Rochechouart, colaphisa le Juif avec son gantelet de fer, et avec une telle violence, qu'il lui fit sauter la cervelle et les yeux.

 

COUDOLLE.‑ Pain azyme préparé lors des fêtes de Pâques.

 

DECRET DE BAYONNE.‑ Promulgué par Napoléon, le 20 juillet 1808, sous la référence "Décret Impérial concernant les Juifs qui n'ont pas de nom de famille et de prénom fixes". Il obligeait les Juifs à adopter un nom et un prénom légaux et définitif. La liste en est effectuée dans chaque commune.

Les Judéo‑Comtadins conservèrent leurs nom et prénom, à très peu d'exceptions près (Millaud en Muscat, par exemple).

 

ECOLE.‑ Escola en provençal. La synagogue.

 

ESCAMOT.‑ Règlement intérieur de la Carrière.

 

EXACTEUR.‑ Percepteur.

 

FONDATEUR.‑ Signataire de l'Accord de 1276 à Carpentras. Ce jour‑là, 2 des calendes de mars (28 février 1276), la Communauté juive fut convoquée, devant notaire et témoins, par sergent spécial et selon la manière accoutumée. La plus grande partie des Juifs se rendit à cette réunion et approuva la Convention; environ treize d'entre eux, qui étaient sans doute absents, donnèrent plus tard leur consentement, selon une "2ème liste", le 11 des calendes d'avril (22 mars). Nous donnons, ici, la liste de ces soixante quatre pères de famille Fondateurs (Ref. REJ 1886):

 


Abraham fils de feu Boniac

Abraham de Narbonne

Abraham fils de feu Vivas Astruc d'Avignon

Astruc fils de Meyr

Astruc de Lunel

Astruguet fils de Boneheure

Bonafos de Saint‑Paul (2ème liste)

Bonafos fils de feu Sauves d'Ecole (Savoie)

Boneheure fils de feu Boniac de Monteux (2ème liste)

Bonet fils de Josef Cohen

Bonet d'Orange

Bonjudas (2ème liste)

Bonjudas fils de Josef Cohen

Bonsegnor fils d'Abraham

Bossaquet (2ème liste)

Caracause

Cavaillier

Crescon fils d'Abraham

Crescon fils d'Abraham de Narbonne

Crescon fils d'Astruc d'Avignon

Crescon fils de feu Astruc d'Ecole

Crescon fils de Boniac de Montpellier (2ème liste)

Crescon fils de Mossé

Crescon fils de feu Sauves d'Ecole

Cresquet fils de Boneheure

Dieus L(ocre)sca

Durant fils d'Abraham

Durant fils de Bonafos de Portal

Durant "incantator" (courtier)

Duranton fils d'Abraham de Narbonne

Duranton fils de Mossé

Fosset fils de feu Creissent

Garsonet (2ème liste)

Isaac fils de Mossé (2ème liste)

Isaquet fils de Cavallier

Jacob Vivas fils de feu Astruc d'Ecole

Joseph Cohen

Joseph Sutor (cordonnier) (2éme liste)

Lucet fils de feu Sauves

Macip (2ème liste)

Macip fils de feu Astruc

Melet fils de feu Boniac de Monteux

Meyr (2ème liste)

Mosse Abraham

Mosse fils de Sauves de Bayx (Ardèche)

Mosset fils de Bonafos Cohen

Mosson fils de Durant,courtier

Salomon de Beaucaire

Salomonet fils de Durant

Salomonet fils de feu Sancho

Salvet fils de Bonafos de Noves

Salvet de Tournon

Vidal de Monpellier (2ème liste)

Vidal de Saint‑Paul

Vidalet fils de feu Boniac de Monteux

Vidalet fils de Macip

Vidalon fils de feu Bonsegnor

Vidalon fils de feu Creissent

Vidas de Carcassonne (2ème liste)

Vidas fils de Boneheure d'Ecole

Vivas fils de Mahacquir

Vivas fils de feu Vidal


 

Cette Convention établissait

‑que les ancêtres de ces Juifs, établis à Carpentras, étaient les hommes liges des évêques de cette ville et qu'ils le sont également,

‑qu'ils doivent, comme leurs ancêtres, payer des taxes définies,

‑que leurs droits et leur sécurité sont reconnus,

‑qu'ils peuvent quitter librement la ville, leur éventuel retour ne les rétablissant pas dans leurs droits.

C'est une véritable Charte, à laquelle il sera fait référence jusqu'à la Révolution.

 

GRASE.‑ Syn. Main.

 

HAZZAN.‑ Syn. Chantre.

 

HEREM du COULBO (More Judaico).‑ Serment accompagnant une déclaration judiciaire, fiscale...et qui impliquait une excommunication pour quiconque l'enfreignait. Ce nom est sans doute une allusion à un ouvrage de jurisprudence rabbinique intitulé Kol Bo. (R.Moulinas)

La cérémonie se déroulait dans la synagogue, le rabbin sortait le livre de la Loi, faisait poser la main de l'intéressé sur le rouleau et lui demandait de répéter, mot à mot cette formule: «Je jure devant Dieu qui a créé le ciel et la terre, monts, rochers, verdure et tout ce qui existe par sa puissance et si je jure le contraire de la vérité, je veux que dieu fasse pleuvoir sur moi du soufre et du goudron comme il a plu sur Sodome et Gomorre, et, si je jure le contraire de la vérité, je veux que la terre s'ouvre pour m'engloutir, comme Dathan Core et Abiron, et, si je jure le contraire que je sois changé en statue de sel comme la femme de Loth quand elle regarda après la ville, et, si je jure le contraire, que je devienne lépreux comme Marie soeur de Moise, et, si je jure le contraire, que ma semence ne porte jamais fruit, et, si je jure le contraire, que je sois perclus de tous mes membres, que mon sang sorte de mon corps et qu'en étant sorti, mon dit corps soit privé pour toujours de sépulture, et, si je jure le contraire, que je sois damné et que je n'aille jamais dans le sein d'Abraham.» Après quoi, il répondait, point par point, aux questions qui lui étaient posées pendant que le greffier notait ses réponses" (R.Moulinas)

 Dans le premier tiers du XIXème siècle, les Juifs, quoique civilement affranchis, étaient encore soumis au serment du Hérem. Ce fut Adolphe Crémieux qui, au début de sa carrière d'avocat, en obtint, en 1827, devant la Cour de sa ville natale de Nîmes, l'abolition.(A.Lunel)

 

HOMME‑LIGE.‑ Celui qui s'était engagé par un hommage lige (Droit féodal). L'hommage était l'acte par lequel un seigneur devenait le vassal ou "l'homme" d'un autre seigneur, qui prenait le titre de suzerain. L'hommage lige parait avoir été l'appellation ultérieure.

 

JADOT.‑ Représentant de chaque Main.

 

MAIN.‑ Groupe d'électeurs classés selon leur richesse (il y avait trois Mains).

 

MANIFESTE.‑ Déclaration personnelle pour chaque contribuable de l'estimation de tous ses biens.

 

MATAHARIM.‑ Confrérie chargée des inhumations.

 

MOHEL.‑ Préposé aux circoncisions.

 

NEOPHYTE.‑ Juif converti au catholicisme.

 

PORTUGAIS.‑ "Nouveaux Chrétiens". Appellation des Juifs portugais installés dans le Bordelais.

 

REFONDATEUR.‑ La Communauté de Carpentras fut expulsée en 1322. En 1343, nous trouvons une petite Communauté composée seulement de douze pères de famille, les Refondateurs (REJ 1886):

 


Abramon de Canis

Asse de Momis de Caderousse

Bondavit Boninas de Marseille, medecin

Cregudon de Carpentras

Duranton de Carpentras

Duranton de Seguret

Jaccas Astruc

Mossé d'Anduze

Salvet de Bagnols

Salvet de Cavaillon

Samuel de Narbonne

Saul Sagillator (graveur de sceaux)


 

Sans annuler ni confirmer la Convention de 1276 (Cf. "FONDATEUR"), ils se lièrent à l'Evêque par plusieurs dispositions :

‑des Lettres patentes établies le vendredi après la Circoncision, en l'an de l'incarnation 1343 (2 janvier 1344), traitant des taxes, et confirmées officiellement, par l'évêque Geoffroi, le 18 avril 1354,

‑une Convention du même jour, signée par l'évêque Hugues autorisant la construction d'une synagogue (ni plus vaste, ni plus haute que l'ancienne), et accordant le droit d'avoir un cimetière près de la ville, interdit aux étrangers

 

REGNICOLE.‑ Qui habite le pays ou il est né, auquel il appartient comme citoyen. S'applique aussi aux sujets naturalisés.

 

RETAILLON.‑ Circoncis. Sobriquet pour Néophyte.

 

SAGGATAIRE.‑ Chargé de l'abattage rituel des animaux de boucherie.

 

SAINTES COMMUNAUTES.‑ On appelait ainsi les Communautés d'Avignon, de Carpentras, de Cavaillon et de l'Isle sur la Sorgue, en souvenir des Quatre Saintes Communautés (Arba Kehilot) de Jérusalem, Hébron, Safed et Tibériade.

 

SAMA.‑ Chargé de l'entretien de la synagogue (Sacristain).

 

ABREVIATIONS

 

Av                   De la Carrière d'Avignon

A.J.                 "Archives Juives"

C.m.                Contrat de mariage

Cp                   De la Carrière de Carpentras

Cv                   De la Carrière de Cavaillon

d.                     Décédé

d.<1786          Décédé avant 1786

d.>1786          Décédé après 1786

dim.                 Diminutif

enf.                 Enfant

ep.                   Epouse, la date qui suit est celle du mariage ou du contrat de mariage.

Fam.               Familièrement

Is                     de la Carrière de l'Isle sur la Sorgue

Ma                  Marseille

Mp                  Montpellier

R                     Recencé; RCp 1679: Recencé à Carpentras en 1679; RParis 1808: Recensé à                    Paris en 1808.

Rn                   Rabbin

Syn.                Synonyme

 

CONSEILS POUR LES RECHERCHES

 

Nous donnons, ci-après, un certain nombre de conseils permettant de faciliter les recherches:

 

- l'orthographe et, parfois, la forme même du patronyme varient:

            - Milhaud ou Millau ou Milliaud, etc,

            - Laroque ou Deroque,

            - Montel ou Monteux ou Monteaux ou Montélis, etc,

            - Crémieux ou Crémy ou Crémuy, etc

 

- l'ordre des prénoms est variable:

            - Mardochée Salomon ou Salomon Mardochée, etc

 

- la lecture des textes prête parfois à confusion:

            - Daniel ou David,

 

- le diminutif peut être utilisé, on pourra se reporter à la table des prénoms:

            - Mian pour Myriam,

            - Liotte pour Léa,

            - Asturnin pour Esther,

            - Argenton pour Myriam, etc

 

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